PPDA dans PC sur RC

 Olivier Bellamy et Patrick Poivre d’Arvor

1. C’est la deuxième fois que Patrick Poivre d’Arvor vient dans Passion Classique. Je l’ai croisé cet été au Festival d’Aix en Provence et nous nous sommes retrouvés côte à côte à la représentation d’Idoménée de Mozart mis en scène par Olivier Py. Epuisé par une longue échappée en vélo à laquelle il s’était inconsidérément adonné dans la journée, le journaliste cachait de son mieux une exaspération causée par le scintillement du décor qui lui fatiguait les yeux.

 Il est arrivé à 17 h 58 dans le studio. Sans stress et sans panique. De mon côté, je me suis senti mou et sans ressort. C’est que je me suis arrêté de fumer (sans patch ni rien) depuis deux jours et que l’arrêt brutal de la nicotine m’ôte tout tonus. Ce n’est que passager. En attendant, je tiens.

Cela m’a touché quand sa fille a envoyé un SMS à notre PPDA national : « Je t’écoute dans mon émission préférée » lui a-t-elle écrit. Qu’elle en soit remerciée.

2. Un auditeur m’a exprimé un regret à propos de l’émission avec Anne Sylvestre : dommage qu’on n’ait pas abordé son répertoire pour adultes. Je suis bien d’accord, j’adore des chansons comme « Eléonore », « Les amis d’autrefois », « La femme du vent » ou « Tu n’as pas de nom », mais nous étions dans la journée « Nos enfants ». Anne Sylvestre, qui vient pour la deuxième fois dans notre émission, était tout à fait d’accord pour y participer sous l’égide de ce thème fédérateur même si, en cours de route, elle a pu laisser poindre un léger agacement.

3. Un autre auditeur me reproche d’avoir interrogé Anne Sylvestre sur son père. Les fans de la chanteuse savent qu’on n’aborde pas ce sujet brûlant de manière légère. Son père a collaboré avec l’ennemi pendant la guerre et elle ne lui a pas pardonné. J’avoue que j’avais complètement oublié cette blessure racontée par sa sœur, l’écrivain Marie Chaix. Je n’avais évidemment pas prévu d’en parler, mais comme Anne Sylvestre, qui a choisi elle-même les Fabulettes de son programme, a désigné celle qui était intitulée « Papa », je me suis senti autorisé à lui demander comment était son père. Il faut garder un peu de place pour la spontanéité tout de même ! La réponse d’Anne Sylvestre a été sèche, mais ce n’est pas grave. Il n’y avait pas de mauvaises intentions ni d’un côté ni de l’autre. Comme l’émission était enregistrée à l’avance, j’aurais pu choisir de retirer la question. Mais ce moment de tension m’a semblé naturel et faisant partie de notre rencontre. J’ai laissé le passage en question au risque d’encourir les foudres de ses fans qui devraient arrêter de surprotéger leur idole comme ces mamans qui surprotègent leur enfant.

Voici le programme de Patrick Poivre d’Arvor :

– un air de la Traviata « Ah fors’è lui che l’anima » (Kleiber)

Madeleines

– une chanson de Berger pour Françoise Hardy : « Première rencontre »

–   La Quête de Brel (L’homme de la Mancha)

Programme classique

– La mort de Tristan / Wagner (Placido Domingo)

– La mort de Didon / Purcell / Susan Graham / Haïm : « When I am laid in earth »

– Duo Norma/Adalgisa : « Mira, o Norma »  avec la Callas / Serafin

–    Variations Abegg de Schumann par Jean-Philippe Collard

–   Chopin : Nocturne op. 27 n° 1 par Pollini

–   Mozart : Don Juan (la fin) version Fricsay