« Un juif n’a-t-il pas des yeux ? Un juif n’a-t-il pas des mains, des organes, des dimensions, des sens, de l’affection, de la passion ; nourri avec la même nourriture, blessé par les mêmes armes, exposé aux mêmes maladies, soigné de la même façon, dans la chaleur et le froid du même hiver et du même été que les chrétiens ? Si vous nous piquez, ne saignons-nous pas ? Si vous nous chatouillez, ne rions-nous pas ? Si vous nous empoisonnez, ne mourrons-nous pas ? Et si vous nous bafouez, ne nous vengerons-nous pas ? »
Ainsi parle Shylock dans Le Marchand de Venise de Shakespeare, la pièce qui a beaucoup impressionné Nathalie Rheims. Chaque personne se sentant injustement stigmatisée par un groupe de pression pourrait utiliser ces mots en remplaçant « juif » et « chrétien » par d’autres. C’est l’universalité du grand William. Nathalie Rheims est née dans un milieu fortuné, cultivé, aimant, mais elle a vécu l’été comme un long hiver. Dans Laisser les cendres s’envoler, elle parle après s’être longtemps tue dans un milieu où le silence est d’or et où le secret est en quelque sorte le prix à payer de l’or. La littérature est peut-être « un miroir placé sur le bord du chemin », comme le prétendait Stendhal, mais c’est un miroir déformant puisque personne ne voit la même chose. A chacun sa vérité. L’important, c’est que ce soit vrai, et ça l’est sous la plume de Nathalie Rheims, même si la dissidence apparaîtra forcément insupportable, odieuse ou révoltante à ceux qui ont vécu les événements qu’elle raconte d’un autre point de vue. Ou tout aussi insupportable, mais d’une autre manière, à ceux qui n’ont pas vécu ces événements, mais qui ont décidé une bonne fois pour toutes de juger les événements quels qu’ils soient selon un filtre, une croyance, une interprétation qui ne varie pas. Ceux qui peuvent tout lire, tout entendre, tout voir à condition que ça sonne juste seront touchés par un livre qui n’est pas un règlement de comptes, mais la description sensible, lucide et subjective des ombres du passé qui dansent sur le mur de nos chambres d’enfants.
Voici son programme :
Cantate B.W.V 51 J.S Bach
Bande originale d’ensemble c’est tout de Claude Berri
Thème Camille musique Frédéric Botton
Thème d’Alice de Alice aux pays des merveilles de Tim Burton
La peau douce de François Truffaut ,musique Georges Delerue
Concerto en ut mineur pour deux violons allegro J.S Bach
Concerto pour piano n2 en si bémol majeur allegro appassionato Brahms
Magnificat,in D major,B.W.V 243 Bach
Roméo et Juliette suite num 1 op 64 bis folk Dance allegro .Prokofiev