Natacha Polony, on n’est pas bouché

 Olivier Bellamy reçoit Natacha Polony dans Passion Classique

Elle sait écouter Natacha Polony. La musique, d’abord, elle la vit dans sa chair et dans son esprit, cela se voit, cela se sent.
Elle devrait l’être davantage (écoutée) lorsqu’elle parle d’éducation, car elle a su mettre le doigt sur la chose essentielle : la transmission des savoirs, lesquels n’excluent pas l’émotion (on apprend à aimer). Les méthodes pédagogiques les plus intelligentes, les réformes les plus sophistiquées, les attentes, les peurs, les désirs des uns et des autres ne devraient jamais perdre de vue ce but fondamental de l’école.
Après, on n’est pas obligé d’être d’accord sur tout avec elle : le souverainisme, par exemple, doux rêve séduisant parce que nous n’en percevons plus que la bienfaisante nostalgie et non plus la réalité telle qu’elle. Mais Natacha Polony ne manque ni de sincérité ni d’intelligence et ni d’oreille, même pour écouter ses contradicteurs.
Voici son programme :

– Jordi Savall: Anon: Rodrigo Martinez sur le disque La Folia 1490-1701
– Premier mouvement du Concerto pour deux violons de Bach par Hilary Hahn
– Troisième mouvement du concerto pour violon de Beethoven op 61 par Jasha Heifetz et le Boston Symphony Orchestra dirigé par Charles Münch, notamment vers 3mn, le passage en mineur
– L’Andantino de la sonate de Schubert en la, D 959, par Alfred Brendel

Les madeleines:
T’en souviens-tu la Seine d’Anne Sylvestre
La ville s’endormait de Jacques Brel
Correq’ et Reguyer d’Edith Piaf