Appartenait-il à un natif du Bronx de renouveler notre écoute de Bach ? Car si Murray Perahia a élu domicile au Royaume-Uni, c’est bel et bien au cœur de ce quartier populaire de New York qu’il vit le jour en 1947, au sein d’une famille modeste d’origine gréco-portugaise. Rudolf Serkin, qu’il rencontre au Festival de Marlboro, encourage ses débuts ; il devient bientôt son assistant au Curtis Institute. Son enregistrement des Concertos pour piano de Mozart qu’il dirige du clavier (avec l’English Chamber Orchestra, comme Daniel Barenboim quelques années auparavant) le consacrent comme un seigneur du clavier. Ils figurent au sein du gros coffret regroupant l’intégralité de ses quarante ans d’enregistrement chez Sony (67 CD, en 2012). Après s’être arrêté par deux fois à la suite d’une maladie au pouce de la main gauche, il fit son retour, ayant encore approfondi son art de l’intérieur et sa complicité avec l’œuvre de Bach.
Pour son premier album sous étiquette jaune, Murray Perahia retrouve la musique de Jean-Sébastien Bach par l’entremise des Suites françaises, après avoir gravé les Suites anglaises, les Partitas, les Variations Goldberg et les Concertos pour Sony. Une version qui s’inscrit dans le temps long, attachée à chanter et à laisser s’éployer les lignes polyphoniques. Elle incite aussi au recueillement et procède de cette ferveur qui distingue les grands interprètes de Bach, toutes époques et toutes tendances confondues.
Murray Perahia joue les Suites françaises de Bach (2 CD Deutsche Grammophon)
Murray Perahia joue les Suite françaises
Radio Classique
Bach dans toute sa plénitude