Muriel Mayette, curiosité et passion

Certains acteurs de théâtre sont murés en eux. Bons ou mauvais, ce n’est pas le problème, ils sont ainsi, plongés dans les grands textes qui coulent dans leurs veines, chaussés de vair et de vers, déclamant pour demander le sel à la cantine, frissonnant quand ils ont joué Strindberg, crevant de chaud lorsqu’ils sortent de chez Goldoni, ils dorment dans une chambre de bonne, peut-être, mais vivent toujours leur vie entre trois murs. Entre Dieu, Molière et l’Eternité, face au trou noir du public. D’autres sont ouverts vers les autres, collègues et gens du commun, c’est tout un. Plus de murs, foin des barrières ! Ils sont tout autant dévorés par leur passion, ivres de sentiments exacerbés, traversés par des vents contraires, mais, comme pour échapper à ce feu qui les consume, ils s’abreuvent à la source de l’altérité. C’est le cas de Muriel Mayette. J’ai rarement rencontré quelqu’un d’aussi authentiquement vivant, curieux de l’autre, attentif à tout ce qui se passe autour, heureux de communiquer, ne marchandant pas sa présence, ne calculant pas ses répliques, et se nourrissant d’échange comme un éternel affamé. On ne s’incline pas devant cet administrateur général de la Comédie française, on joue avec elle, et pas d’autre moyen que de jouer juste et sincère.
Voici son programme :
Travelling Quartett lady madona

– Lambarena Bach to Africa

– Daphnis et Chloé de Ravel

– la Bohème l’air de Mimi

– la folle complainte de Trenet

– youcali kurt Weil

– gymnopedies de Satie