Mozart (suite), des critiques en particulier

Si l’auteur « éjacule de joie », pour reprendre l’image de Patrick Delaunay, 99 % des lecteurs (qui sont souvent des lectrices) « s’emmerdent en baisant », comme chantait le grand Georges.
Les critiques (souvent des hommes) sont des peine-à-jouir, comme le veut la fonction. Ils se méfient de l’orgasme comme de la peste et préfèrent les banques du sperme où tout est classé, étiqueté, aseptisé.
Dans leur impuissance à créer, ils s’émerveillent parfois d’une œuvre turgescente qui leur rappelle le temps où leur jeunesse pouvait. Mais « vieillesse savait » reprend vite le dessus et les voilà tremblant d’une joie mauvaise et pressés d’émasculer, vit fait pas toujours bien fait, tout ce qui dépasse et qu’ils ressentent comme une offense personnelle.
Si tout succès est un malentendu (Cocteau), toute critique est le fait d’un malentendant qui n’écoute que son préjugé.
Ainsi va le monde. Pourquoi se fatiguerait-il à changer, le monde ? Puisque seuls ceux qui s’en abstraient parviennent parfois à en ébranler très légèrement les piliers et cela dans l’indifférence générale à l’exception de quelques doux et précieux rêveurs.