Grande vedette de la chanson pop/rock au début des années 60, Neil Sedaka est mort le 27 février à l’âge de 86 ans. Également compositeur de plusieurs succès internationaux, le chanteur américain avait débuté dans la musique par le piano qu’il avait étudié à la prestigieuse Juilliard School de New York.
Oh! Carol, Calendar Girl, Breaking Up Is Hard to Do… autant de chansons de Neil Sedaka qui ont atteint les premières places des classements pop/rock américains au début des années 60. Sans oublier celles qu’il a composées pour d’autres artistes et qui ont été de grands succès comme Stupid Cupid pour Connie Francis et, surtout, Love Will Keep Us Together, repris par le duo Captain and Tennille, classé n°1 dans le monde entier en 1975.
Né en 1939 à Brooklyn, dans une famille juive libanaise, Neil Nissim Sedaka, associé au parolier Howard Greenfield, s’est rendu célèbre aux Etats-Unis pour ses chansons qui reflétaient l’innocence adolescente de l’ère post-Elvis Presley/pré-Beatles de la fin des années 1950 et du début des années 1960, portées par sa voix de soprano. Nommé cinq fois aux Grammy Awards, le chanteur avait eu l’honneur d’avoir une étoile portant son nom apposée sur le célèbre trottoir du Walk Of Fame à Los Angeles en 1978.
Recalé au Concours Tchaïkovski de Moscou car « associé au rock and roll capitaliste américain »
Une carrière remarquable dans la variété mais que Neil Sedaka aurait pu connaître dans la musique classique sans un malheureux concours de circonstance. Formé au piano, à partir de 12 ans, à la prestigieuse Juilliard School de New York, le jeune musicien était tellement doué qu’il fut remarqué par Arthur Rubinstein qui voyait en lui « le meilleur jeune pianiste de New York ». Un encouragement qui le conduisit, alors qu’il s’était déjà lancé avec succès dans la variété et le rock, à postuler pour représenter les Etats-Unis au prestigieux concours Tchaïkovski de Moscou. Il avait même ébloui le jury américain avec une interprétation de la Fantaisie-Impromptu de Frédéric Chopin.
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Las, les autorités soviétiques refusèrent sa candidature pour des motifs diplomatico-artistiques. Dans une émission de radio, Neil Sedaka confia : « Deux semaines avant mon départ prévu pour Moscou, j’ai reçu une lettre du comité d’organisation m’informant que j’étais disqualifié car mon nom était associé au rock and roll capitaliste américain ».
Cette passion pour la musique classique, Neil Sedaka y est revenu bien plus tard, notamment en 2012 lorsqu’il interpréta Manhattan Intermezzo, son premier Concerto pour piano avec l’Orchestre philharmonique de Londres au Royal Albert Hall de Londres. À cette occasion, le chanteur, compositeur de plus de 500 chansons, déclara « Écrire des chansons pop, c’est une chose. Mais composer une œuvre classique sérieuse m’a offert une bien plus grande liberté créative. C’est le fruit de toute la musique que j’ai étudiée et jouée. Je suis très fier de ce travail », ajoutant : « C’est merveilleux pour l’âme de pouvoir jouer de la musique classique ».
Philippe Gault
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