Michel Onfray, la raison populaire

 Olivier Bellamy reçoit Michel Onfray dans Passion Classique

Surnommé « le philosophe de la plèbe » par Philippe Sollers, Michel Onfray s’attaque aux vaches sacrées de la pensée universitaire et remet à l’honneur des auteurs dédaignés. Sa « raison populaire », ce n’est pas le bon sens près de chez vous. C’est un rééquilibrage savant avec la fougue du polémiste, la foi (sic) du converti, les excès de l’autodidacte.
Il est le chouchou des médias, mais la bête noire de l’institution qui a beau jeu de remarquer qu’en déconstruisant le système, il s’enferme dans un autre système qui frôle la caricature.
Cependant l’homme est passionnant, toujours clair, sincère, beaucoup plus ouvert qu’on ne pourrait le penser, prêt à débattre et très sympathique.
C’est l’un des rares philosophes à bien connaître la musique. Bien qu’on l’entende rarement sur ce domaine, il est beaucoup plus savant qu’un Philippe Sollers qui jongle habilement avec deux ou trois compositeurs et interprètes qu’il rattache à son univers.
Mais, et c’est ce qui est amusant, Michel Onfray s’en tient à une vision de l’histoire de la musique très proche d’une sorte de Lagarde et Michard des sons : Bach, le dernier Beethoven, Debussy, Webern, Varèse, Boulez. Le chemin est tout tracé. Il n’a pas contre la doxa du Conservatoire le même esprit rebelle et subversif qu’envers l’université traditionnelle. C’est du côté d’un Benoît Duteurtre, d’un Frédéric Chaslin ou d’un Alex North qu’il faudra chercher l’équivalent d’une réévaluation critique des hiérarchies allant de soi dans le domaine des sons : le jazz, l’opérette, le minimalisme, la réhabilitation des vaincus de l’histoire.
Voici son programme :

1. bach, mouvement lent du concerto italien (glenn gould)
2. mozart, ouverture du don giovanni
3. varese, arcana
4. boulez, rituel

3 Madeleines :
1. bach, jésus que ma joie demeure
2. gluck/ callas, dans divinité du styx
3. beethoven, une des 3 dernières sonates pour piano