Michel Franck et la saison 2014/2015 du TCE.

Le directeur du Théâtre des Champs-Elysées (TCE) à Paris, en poste depuis 2010, nous dévoile sa prochaine saison et glisse, au passage, quelques scoops.

La saison 2014-2015 est la cinquième que vous assumez à la tête de l’institution. Qu’en retenir ?
C’est une saison pendant laquelle le Théâtre des Champs-Élysées atteindra la " vitesse de croisière " que j’ai souhaité lui voir tenir, avec cinq production scéniques, soit plus qu’auparavant : Castor et Pollux de Rameau, mis en scène par Christian Schiaretti et dirigé par Hervé Niquet, qui fera là son premier opéra en fosse à Paris ; La Clémence de Titus (Jérémie Rhorer/Denis Podalydès) ; Macbeth de Verdi (Daniele Gatti/Mario Martone) ; Maria Stuarda de Donizetti (Daniele Callegari/ Moshe Leiser-Patrice Caurier) et une création due à un protégé de Pierre Boulez, Dai Fujikura.
Et côté concerts ?
Nous arrivons à un équilibre proche, je crois, de l’idéal voulu par Gabriel Astruc, le fondateur du théâtre en 1913, avec de nombreux récitals vocaux, une saison symphonique, du piano et de la musique de chambre : 202 soirées en tout, dont 41 de danse.
L’ouverture prochaine de la Philharmonie de Paris et de l’Auditorium de Radio France va-t-elle avoir un impact pour le théâtre ?
Bien sûr. L’offre globale va augmenter et le théâtre, suite à la fermeture de Pleyel au répertoire classique en 2015, sera la seule grande salle du centre de Paris. Dans ce cadre, nous faisons plus attention que jamais à l’équilibre des répertoires et des formations. Nous accueillons encore sept concerts de l’Orchestre national de France. À terme, il sera toujours présent, mais différemment : en fosse pour une production d’opéra et pour des projets plus " lyriques ".
Quid du prix des places ?
La question se pose aujourd’hui à Paris. Le Théâtre des Champs-Élysées a choisi la stabilité, avec une première catégorie à 140 euros maximum. De son coté, la Philharmonie devra être très compétitive pour attirer un nouveau public dans le 19e arrondissement. L’Opéra de Paris, lui, vient d’augmenter fortement ses prix, avec des places de première catégorie qui vont jusqu’à 231 euros.
231 euros le samedi soir…
Oui. C’est pourtant là que nous avons le public le plus " populaire ", celui des actifs qui sortent le week-end. Mais je n’ai pas l’habitude de critiquer mes confrères !
L’Opéra de Paris subit des baisses de subvention. Le Théâtre des Champs-Élysées est-il lui aussi touché ?
Ces dernières années, la Caisse des dépôts, notre propriétaire, versait 10 millions par an. Je ne sais pas encore ce que nous réserve l’avenir.
Allez-vous faire plus de reprises ?
Oui. Dans le futur, nous reprendrons le Don Giovanni de Stéphane Braunschweig et les Dialogues des Carmélites d’Olivier Py.
Quoi d’autre ?
Jonas Kaufmann sera de retour, dans une prise rôle (et en version de concert), Anja Harteros également, Kirill Petrenko et l’Opéra de Munich aussi, de même que Christian Thielemann et la Staatskapelle de Dresde, Mariss Jansons et l’Orchestre de la Radio bavaroise…
Renseignements : theatredeschampselysees.fr