J’attendais le rendez-vous avec Nelson Monfort avec impatience, comme une rencontre sportive, un match amical. Dans son émission « Les mélodies de Nelson », il ne raconte pas sa vie, mais les auditeurs ont l’impression de bien le connaître, apprécient sa sincérité, son sens de l’auditeur et sa passion réelle de la musique. Il a aussi ses détracteurs. Ceux qui sont irrités de le voir quitter son pré carré tennis-natation-athlétisme-patinage pour parler de musique. En France, la tyrannie des étiquettes est terrible !
Personnellement, rien ne m’est plus agréable que de montrer l’Invité sous son meilleur jour et jeter ainsi le trouble chez ceux qui ne l’aimaient pas. A condition évidemment que l’interlocuteur joue le jeu de la sincérité et ne se serve pas de l’émission comme d’une tribune promotionnelle ou idéologique (vous m’avez compris). Avec Nelson Montfort, c’était un vrai bonheur. D’abord, il ne prend pas toute la place et reste attentif à la primauté du dialogue, de l’écoute de l’autre. J’ai connu certains invités journalistes (pas de noms) phagocytant le micro et soliloquant sans vergogne. Nelson a été magnifique aussi lorsqu’il a évoqué la nécessité pour les artistes classiques d’être plus détendus et moins sinistres dans leur présentation. Il a raison !!!
Des tas de mails sont arrivés pendant l’émission. « Merci à tous les deux » disaient-ils. Merci à vous !
Petit à petit, les invités, les auditeurs, et l’animateur, nous avons réussi à mettre un tout petit peu plus d’humanité et de beauté dans ce monde (sans prétention et grâce à la musique !). Nous avons créé un fil invisible, mais solide, entre nous. Cela a été très net avec Jacques Attali car il connaissait et appréciait l’émission, donc il a été dans le ton tout de suite et il a donné le maximum. Ce fut souvent le cas. Evidemment avec Nelson Monfort, qui était heureux d’être là et qui a donné son maximum. Car les bons invités ne sont pas forcément les plus connus (souvenons-nous de Malika) ou les plus à la mode. Ce sont les plus généreux. Michel Legrand en était un exemple extraordinaire.
Juste avant l’émission, le footballer José Touré est venu, en voisin, me dire bonjour sur la pointe des pieds. Il apportait une boîte de macarons (Lenôtre !!!) pour Lucile, qui avait tenu la technique pendant son émission. Il était heureux de me confier avoir été surpris du très grand nombre d’appels reçus après son émission. Tel judoka, tel sportif qu’il n’imaginait pas écoutant de la musique classique. Quel succès pour notre antenne ! Quelle joie d’être entendu par une si grande diversité de personnes (je ne dis pas « gens » pour ne pas énerver Françoise) !
Voici le programme de Nelson Montfort :
Mozart : Zaïde « Ruhe sanft »
· Haendel : le largo de Xerxes par A.S. von Otter
· Barber : Adagio
· Rombi « Joyeux Noël » – Requiem ( ?)
· Cosma : Les aventures de David Balfour (générique feuilleton TV)
· Schubert : Im Frühling D. 882 / Bernarda Fink
Madeleines :
Mozart : le mvt lent du Cto pour clarinette K. 622
Francis Lai : Love Story – version CHANTEE
Ch. Trénet : L’âme des poètes
La super madeleine :
Le mvt lent du Cto « l’Empereur » de Beethoven, par Hélène Grimaud