Mendelssohn par le Quatuor de Leipzig

Après des Brahms admirables, des Beethoven tout à fait recommandables, voici les «Quintettes» de Mendelssohn, parfaitement réussis par les Leipziger.

Le quintette à cordes réussit particulière­ment aux Leipziger : après leurs réussites dans les quintettes de Brahms et Beethoven, voici les Mendelssohn, d’une totale maîtrise. Tout y est : la densité orchestrale alliée à la clarté chambriste dans l’Opus 87, la fluidité mélodique dans l’Opus 18, l’énergie, la présence sonore, la virtuosité d’ensemble dans les deux. Si le Quintette leur va si bien, c’est que la seconde partie d’alto densifie leur texture naturelle un peu légère. C’est également que leur virtuosité individuelle ne peut ­rivaliser avec les meilleurs ensembles. Mais ils compensent largement ce déficit par une vraie réflexion musicale, et surtout leur travail d’ensemble, comme en témoigne la grande subtilité du jeu polyphonique présenté par les Leipziger et Barbara Buntrock.
Cela sonne comme une évidence ici, notamment dans l’Opus 87 qui est un véritable chef-d’œuvre encore trop peu défendu (peut-être parce qu’il ne ressemble pas aux autres œuvres du compositeur). Mendelssohn y privilégie la trame polyphonique à la seule séduction mélodique, et cela convient parfaitement aux Leipziger qui la rendent parfaitement audible. Le plus traditionnel Opus 18 est lui quelque peu bousculé : les Leipziger le prennent à bras-le-corps pour éviter de nous proposer un Mendelssohn plaisant et superficiel. Sa musique a tout à gagner de ce traitement : elle apparaît alors plus intéressante, plus riche et plus dense. Encore une très belle réussite des Leipziger, et une nouvelle référence pour ces deux partitions à redécouvrir.
Felix Mendelssohn
(1809-1847)
CHOC
Quintettes à cordes op. 87 et 18
Quatuor à cordes de Leipzig, Barbara Buntrock (alto)
MDG Gold 30718062 (Codæx). 2013. 57′ Nouveauté