On a pris l’habitude de juger les acteurs non sur leur travail, mais sur leurs prestations télévisées dans des émissions de divertissement. Ainsi, sans l’avoir vue jouer au théâtre ou au cinéma, des gens disent que Mathilde Seigner est vulgaire. Non, c’est la télévision qui est vulgaire, et il faut avoir beaucoup d’entraînement et de bouteille pour savoir déjouer tous ses pièges grossissants. Mathilde Seigner s’en fiche. On la prend comme elle est ou on ne la prend pas. Pour l’avoir eue une heure en face de moi, je peux vous dire qu’elle est très belle (ce regard !) et courageuse. Mais surtout quelle actrice formidable !
Va-t-elle sur les plateaux de télé pour son plaisir ? Non. Simplement parce qu’elle est populaire et que les productions l’obligent (parfois par contrat) à faire la promotion du film ou de la pièce dans laquelle elle joue.
J’adorais aussi sa tante, Françoise Seigner, qui n’avait pas sa langue dans sa poche et qui avait un sacré talent.
Ceux qui tentent (en vain) de déstabiliser des femmes au tempérament aussi affirmé me font penser aux soeurs de Napoléon qui voulaient pousser Madame Sans Gêne à la faute, dans un film célèbre avec Arletty.
Voici son programme :
– Chopin : Concerto n° 2, 2e mvt
– Rachmaninov : Concerto n° 2, 3e mvt
– Mozart : Concerto pour clarinette, 3e mvt
– Vivaldi : Concerto pour mandoline, 1er mvt
Madeleines :
– Jacques Brel : « La ville s’endormait »
– Serge Lama : « Des éclairs et des revolvers »
– Gilbert Bécaud : « Desperado »