Marwan Berreni, pas toujours si belle la vie

Entre Plus belle la vie et une pièce de Tremblay au Théâtre du Marais, on peut vraiment parler d’un grand écart. Un peu comme de passer de Pif Gadget à Simone de Beauvoir. Est-ce pour cela que j’ai trouvé Marwan Berreni dans un état proche de la schizophrénie ? Sympathique et intelligent, mais déphasé. Peut-être parce qu’il sortait d’une interview télé – ah ! ces parcours médiatiques réclament un entraînement intensif pour rester zen et naturel tout en encaissant les variations d’altitude. Une chose est sûre : la sensibilité ne peut pas s’exprimer dans un positivisme à tout crin calibré pour résister à la pression extérieure. Un acteur doit plutôt capter l’invisible. Sinon il reste un charmant jouet mécanique. On ne peut pas grandir et évoluer dans un feuilleton à succès. Seulement être l’esclave du succès et du public. Mais il le sait. Sinon il ne jouerait pas au Théâtre du Marais. Aura-t-il le courage de lâcher l’ombre dorée pour la proie véritable des seigneurs ?

Voici son programme :

– Mozart, Concerto pour piano n° 23 en La majeur, « Adagio »M.J.Pires (piano), Orchestre Mozarteum Salzbourg, F.Brüggen (dir.)
– Vivaldi, Nisi Dominus, « Cum dederit », Andreas Scholl
– Chilly Gonzales, Gogol

Pour les Madeleines :

– Alain Souchon, « Le Baiser »
– Elizabeth Cotten, « Freight Train »
– Johnny Cash, « Folsom prison blues »