Ce dimanche, Radio Classique vous propose de revivre deux concerts mythiques donnés par l’Orchestre Philharmonique de Leningrad (devenu depuis 1991 l’Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg, sous la direction de l’exigeant Evgueni Mravinsky) : celui du 24 avril 1959 d’abord, avec la Symphonie « Inachevée » de Schubert, la Symphonie n°4 de Tchaïkovsky et l’Ouverture d’Euryanthe de Weber ; et celui de février 1960, avec la magnifique Symphonie « Fantastique » de Berlioz.
Nommé « chef à vie » du Philharmonique de Leningrad, Evgueni Mravinsky a dirigé l’orchestre pendant 50 ans ! Une longévité qui lui vaut d’être considéré comme l’un des plus grands chefs d’orchestre soviétiques de son temps. On doit d’ailleurs à Herbert Von Karajan une célèbre phrase, résumant clairement sa vision de la vie musicale de l’époque : « C’est simple, il y a Mravinsky et moi ». En plus d’être un chef d’orchestre absolument remarquable, Mravinsky contribue notamment à faire rayonner des compositeurs comme Tchaïkovsky. Son travail sur l’artiste reste une référence dans le monde de la musique classique notamment sa façon de diriger les cors, les bassons, les trompettes et les bois. La légende prétend qu’assister aux concerts dirigés par Mravinsky relevait d’une expérience unique : il parvenait à galvaniser les musiciens, qui jouaient comme un seul homme. Mais le chef détestait se produire, et quelque temps avant de disparaître, le chef russe s’exprimait ainsi : « La musique devrait être jouée pour Dieu, pas pour les gens. On n’a pas besoin de gens dans la salle. Le public n’est pas nécessaire. On le fait comme ça uniquement par tradition… ». Son intransigeance, sa précision, son autorité faisaient de lui un père spirituel pour tous les musiciens qui ont eu la chance de travailler avec lui.
Le 24 avril 1959, le Philharmonique de Leningrad donne à Moscou un des concerts russes les plus remarqués de l’histoire. Une véritable démonstration du savoir-faire musical pétersbourgeois au reste du monde. Trois morceaux seront interprétés ce soir-là : La Symphonie « Inachevée », car ne comportant que deux mouvements, de Schubert ; la Symphonie n°4 de Tchaïkovsky et l’Ouverture d’Euryanthe de Weber. La force dramatique dégagée lors de ce concert est, dit-on, un écho aux souffrances vécues durant la période stalinienne. Mravinsky tire de ses musiciens, et notamment des quatre mouvements de la pièce de Tchaïkovsky, une puissance noire qui place ce concert aux sommets de la musique classique ! Le concert de février 1960 s’inscrit également dans les annales. Magnifiquement interprétée, la Symphonie « Fantastique » est une quintessence du génie de Berlioz. Deux concerts, deux moments musicaux grandioses, voilà pourquoi certains diront : Il y a Mravinsky, et puis les autres…
L’Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg au programme du concert du dimanche soir
Radio Classique
Ce dimanche, Radio Classique vous propose de revivre deux concerts mythiques donnés par l’Orchestre Philharmonique de Leningrad (devenu depuis 1991 l’Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg, sous la direction de l’exigeant Evgueni Mravinsky) : celui du 24 avril 1959 d’abord, avec la Symphonie « Inachevée » de Schubert, la Symphonie n°4 de Tchaïkovsky et l’Ouverture d’Euryanthe de Weber ; et celui de février 1960, avec la magnifique Symphonie « Fantastique » de Berlioz.