Le dimanche 16 juillet, à l’occasion de la dernière de Carmen à l’Opéra Bastille, Radio Classique consacrera une journée spéciale à ce grand opéra de Bizet.
« Un opéra, c’est une soprano et un ténor qui veulent coucher ensemble, et un baryton qui s’efforce de les en empêcher » : cette boutade de Bernard Shaw résume à merveille l’intrigue triangulaire de neuf opéras sur dix, mais elle n’explique pas la fascination qu’exerce ce genre hybride où rivalisent de virtuosité les muses de la musique, de la poésie, et parfois même de la danse. Le public des aficionados constitue une caste à part, tel celui du Théâtre de la Scala à Milan, réputé pour son exigence : gare au ténor qui manquerait son contre-ut (note aigu particulièrement brillante et périlleuse à attraper) ou à la soprano qui n’ornementerait pas sa ligne dans les règles du bel canto (« Beau chant ») !
L’on fait d’ordinaire remonter l’origine de l’opéra à 1607, année de création de l’Orfeo de Claudio Monteverdi. Son acte de naissance ne pouvait trouver figure plus emblématique que celle du héros grec (Orphée) qui parvient à charmer les dieux grâce aux sortilèges de la musique. Si l’Italie lui donna ses lettres de noblesse, de Vivaldi à Puccini, en passant par Rossini et Verdi, l’art lyrique séduira rapidement l’ensemble des nations européennes. De nos jours, les grandes maisons d’opéra s’attachent à faire revivre le répertoire baroque en programmant des œuvres de Haendel, Vivaldi ou Rameau, mais une vingtaine d’incontournables, généralement issus du XIXe siècle, se partagent l’affiche chaque année, comme Carmen de Bizet, La Flûte enchantée de Mozart, La Traviata de Verdi ou Tristan et Isolde de Wagner.
Pour qu’opère la magie unique de l’opéra, il faut réunir plusieurs corps de métier… et par conséquent beaucoup d’argent : la guerre des égos peut faire rage entre le chef d’orchestre, le metteur en scène et les chanteurs, lesquels doivent combiner l’art de la projection – sans micros s’il vous plaît – dans des salles au volume parfois considérable (à titre d’exemple, l’Opéra Bastille a une capacité de 2700 places) et l’incarnation dramatique du personnage. Dans les coulisses s’attèlent maquilleurs, appariteurs, éclairagistes, tandis que la fausse d’orchestre, située devant la scène, accueille de quinze à cent musiciens (et plus) selon les répertoires. Lorsque tout ce beau monde s’entend bien, que le plateau vocal brûle du feu sacré porté par la mise en scène et la direction inspirée du maestro, alors l’effet produit sur le public avoisine celui de l’extase, garantissant à l’opéra un prestige encore inégalé.
Découvrez en vidéo 12 situations dans lesquelles tout amateur d’opéra s’est déjà trouvé !