La production d’une rare inventivité avait ébloui en 2007 lors de sa création, à une époque où la vidéo était encore rare à l’Opéra. Le vidéaste Pierrick Sorin, dont c’était la première incursion à l’opéra, transportait le "melodramma giocoso" (opéra burlesque) de Rossini dans un univers aux couleurs acidulées, où les chanteurs pouvaient se retrouver dans la piscine d’une villa hollywoodienne et l’instant d’après en pleine partie de tennis ou dans un désert aride, par la magie des incrustations.
C’est donc une Pietra "ripolinée" et d’une grande drôlerie qui revient pour six représentations au Châtelet, toujours sous la baguette du chef Jean-Christophe Spinosi avec son ensemble Matheus.
L’oeuvre de jeunesse de Rossini, créée en 1812 à la Scala de Milan, n’inspire pas la mélancolie: une cascade de rebondissements et travestissements en tous genre émaillent une intrigue légère. Le comte Asdrubale, soupçonnant les amoureuses et les courtisans qui l’entourent de n’en vouloir qu’à sa fortune, décide de la mettre à l’épreuve avec un stratagème, cette "Pierre de touche" (Pietra del paragone) qui donne son titre à l’ouvrage.
Rossini avait à peine 20 ans lors de la création de cette oeuvre quasi-oubliée, mais déjà porteuse de sa patte brillante, avec une attention particulière portée aux voix et aux choeurs (ici le Choeur de l’armée française) et un grand sens du comique.
L’heureuse combinaison de la vidéo et de la mise en scène de Giorgio Barberio Corsetti (à qui l’on doit le "Chapeau de paille d’Italie" plein de verve donné à la Comédie Française) donne naissance à un spectacle littéralement euphorisant.
Source: AFP
L’irrésistible « Pietra del paragone » de Rossini au Théâtre du Châtelet
Radio Classique
Le Théâtre du Châtelet reprend du 20 au 29 janvier la production irrésistible de "La Pietra del paragone" de Rossini, mise en scène avec une verve sans pareille par l'Italien Giorgio Barberio Corsetti avec des vidéo désopilantes de Pierrick Sorin.