Quel personnage ! Un vrai Don Quichotte de la musique, qui parcourt la France sur un pianocipède ou un piano dans une deux-chevaux, en guise de Rossinante. On l’aime alors qu’il ne fait rien pour cela. Il agace certains de ses collègues par son franc-parler et son humour à froid, bien qu’on pourrait dire de lui (comme Sancho Pança à propos de son étrange maître) : « non seulement il ne fait de mal à personne, mais il ferait plutôt du bien à tout le monde. »
Il aurait voulu être garde forestier, songe à entrer dans les ordres (comme Franz Liszt), prépare le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle, fuit les salles de concerts et les circuits internationaux pour vivre la musique à sa manière, tout en s’occupant de sa maman de 96 ans. C’est un pessimiste gai, un lucide délirant, un orgueilleux ne craignant pas le ridicule, un rationaliste épris de spiritualité, un égocentrique au grand coeur, qui tente à tout prix de donner un sens à ce qu’il fait tout en étant conscient de l’absurdité des choses. Un tissu de paradoxes, plein d’élan et qui va de l’avant, chargé de musiques du passé et d’amours anciennes. Un homme debout !
Voici son programme :
Concerto numéro 2 en la maj. de Liszt
Requiem de maurice Duruflé ( début ) par Plasson
Un bal transcription de Liszt d’Hector Berlioz (Symphonie fantastique) par FRD
Fêtes de Debussy (2e mvt de Nocturnes)
Et trio pour clarinette alto et piano « des Quilles » de Mozart le final
Les trois madeleines :
Charles Trenet : que reste il de nos amours
Rimsky Korsakov : troisième mouvement de Shéhérazade
Jean Ferrat: que c’est beau la vie
Les trois morceaux symbolisant :
La vie : la vie parisienne
L’amour : mort d’Isolde par Carlos Kleiber
La mort: agnus dei du requiem de Saint-Saëns ( Mercier, Piquemal )