Les Trios avec piano de Schubert par Andreas Staier

Deux chefs-d’œuvre de la maturité

Pour abusif qu’il soit s’agissant d’un homme ayant trouvé la mort à 31 ans, le terme de maturité rend bien compte de la perfection et de l’aboutissement que représentent, au sein de la musique de chambre de Schubert, les Trios D. 898 et D. 929. Composés sur le tard, ils font usage de la formation classique piano-violon-violoncelle (déjà utilisée par Joseph Haydn) et constituent un chainon indispensable entre les trios de Beethoven d’une part, et ceux de Schumann et Brahms d’autre part. Réclamant virtuosité et endurance, la partie de piano introduit un élément de mobilité (l’étendue entière du clavier se voit sollicitée) et de fluidité jusque-là inédit. 

Andreas Staier  renforce la luminosité des registres en ayant recours, comme à son habitude, aux instruments anciens, en l’occurrence un superbe pianoforte Christopher Clark, réplique d’un instrument viennois contemporain du compositeur. Pour ce voyage dans l’âme romantique allemande, il est flanqué de Daniel Sepec au violon et de Roel Dieltens au violoncelle ; des musiciens qu’il connait bien pour avoir graver en leur compagnie et pour le même éditeur des œuvres de Beethoven, Schumann et Brahms. Tout cinéphile ne manquera pas d’associer la scène mémorable de Barry Lyndon de Stanley Kubrick au sublime Andante con moto du Trio n° 2.

Andreas Staier (pianoforte), Daniel Sepec (violon) et Roel Dieltens (violoncelle) jouent les Trios avec piano de Schubert (2 CD Harmonia mundi)