Cette sélection opérée parmi les nombreux concertos du « Prêtre roux » s’attache à cultiver une tradition vénitienne des années 1600 : un jeu de réfraction, de miroirs et d’échos, à l’image de la cité des doges se reflétant dans l’eau de ses canaux… Si ce procédé renverra de prime abord à l’écriture vocale pour double chœur en vigueur depuis les Gabrieli (Andrea et Giovanni) à la Cathédrale Saint-Marc, on peut le trouver aussi dans la musique instrumentale de Vivaldi, tels les concertos composés pour pairs ou double pairs d’instruments à cordes – notamment ceux pour deux violons et deux violoncelles.
On retrouvera le célèbre Concerto RV 570 « Tempesta di mare », le Concerto pour quatre violons RV 553 et une curiosité : le Concerto RV 552 « pour violon solo et un autre violon solo en écho lointain ». Créé en 1740, il est caractéristique de la dernière manière de Vivaldi en mêlant allégrement style galant et touche napolitaine. Le violon solo domine la scène mais, après quelques mesures de la première cadence, le second violon lui apporte un écho lointain du plus poétique effet.
Comptant actuellement parmi les meilleurs ensembles italiens sur instruments d’époque, les Sonatori de la Gioiosa Marca chantent ici dans leur arbre généalogique.