Johannes Brahms n’aborde le quatuor à cordes que dans sa pleine maturité, sans doute inhibé par l’intimidant corpus beethovenien. Si le genre prédispose à la vibration de la corde nostalgique et aux confessions intimes, le troisième grand « B » allemand (après Bach et Beethoven) ne se départit jamais d’un souverain équilibre formel.
Une quadrature du cercle que les Belcea referment avec brio dans cet enregistrement publié par Alpha des trois Quatuors à cordes, deu sombre Opus 51 n° 1 au bucolique Opus 67 n° 3 en passant par les humeurs « nordiques » de l’Opus 51 n° 2. Corina Belcea (premier violon), Axel Schacher (second violon), Krzysztof Chorzelski (alto) et Antoine Lederlin (violoncelle) n’en sont pas, il est vrai, à leur coup d’essai brahmsien puisqu’on leur doit déjà un enregistrement du Premier Quatuor et du Deuxième Quintette (avec Thomas Kakuska au deuxième alto) publié chez Emi. Complément de choix, avec l’impétueux Quintette avec piano en fa mineur, peut-être l’œuvre de musique de chambre la plus extraordinaire de Brahms, ici transcendée sous les doigts de l’un des rares élèves du grand pianiste Alfred Brendel : Till Fellner.
Brahms : Quatuors à cordes & Quintette avec piano, Till Fellner (piano), Quatuor Belcea (1 Cd Alpha)
Le Quatuor Belcea joue Brahms
Radio Classique
Le parfait équilibre entre l’architecture et l’inspiration