Sartre avait son Castor. Jérôme Garcin a perdu son Pollux. Toute son oeuvre romanesque tourne autour de ce frère jumeau, ce météore au singulier dont l’absente présence lui souffle l’évocation intime de personnages exceptionnels au destin brisé. Le poète Jean de la Ville de Mirmont lui offre une nouvelle âme en miroir pour combler ce manque obsédant. L’imagination de l’écrivain, telle une blessure qui devient fusion littéraire puis lumière, permet de rendre chair beaucoup plus profondément qu’une biographie classique à cet « éternel jeune homme » mort pour la France sur le Chemin des Dames en 1914.
Si ces « Bleus Horizons » (Gallimard) poursuivent une chimère, ils nous dévoilent pas à pas, dans un galop de Pégase vers la mort, un moment très musical vers l’éternité, avec grâce et… sans rien de trot.
Voici son programme :
. Dans les transpositions pour piano de Bach par Busoni, le « Ich ruf zu dir » Dinu Lipatti
. Mendelssohn : « Romances sans paroles, La Fileuse », par Daniel Barenboïm
. Haendel : « Semele, HWV 58, Where’er you Walk », par Andreas Scholl
. Schubert : impromptu in G-flat Major D.899 No.3, par Alfred Brendel
Et en lien avec Jean de La Ville de Mirmont :
. « L’horizon chimérique », Gabriel Fauré
. « L’horizon chimérique », Julien Clerc