Le mieux disant beethovénien

J’avoue ne pas bien comprendre ce débat lancé sur ce blog ! Que veut dire « bien » prononcer le nom de Beethoven ? Est-ce la prononciation à Bonn en Allemagne, ville de naissance du compositeur, vers 1770, dont on parle ? De celle à Vienne, au début du XIXe siècle, où il a vécu ? Et de quelle Vienne parle-t-on ? De quel faubourg ? Etait-ce la même chez Lobkowitz, son protecteur, ou dans la bouche d’un cocher qui sifflotait sa musique ? Parle-t-on de la prononciation au Conservatoire de Paris où pas un professeur ne le dit de la même façon ? Et heureusement puisque pas un ne le joue de la même façon ! S’agit-il de la prononciation en vogue dans les quartiers chics de la capitale où l’on tente de repérer celui qui tenterait de s’infiltrer dans « nôtre » monde.

 A la  « bien » prononciation, ne vaut-il pas mieux celle du coeur, puisque, selon Beethoven lui-même, sa musique va directement du sien à celui de ses auditeurs. 

Et comment doit-on prononcer Molière ? Apparemment comme au Québec aujourd’hui puisque c’est ce qui se rapproche, parait-il, le plus de la langue du XVIIe.  Tout cela me paraît bien ridicule. Certains disent Bernstein, d’autre Bernschtein, d’autre Bernstine. Qu’importe du moment que l’on comprend de qui il s’agit ! Et comment prononcez-vous Maastricht ? Comme Mitterrand, comme Chevènement ou comme Villiers ? J’ai reçu un jour une lettre d’un auditeur indigné parce que Carole Bouquet prononçait mal, soi-disant, le nom de Furtwängler. Ne vaut-il pas mieux connaître son art et ses disques que de jouer les terroristes du verbe ? Et, curieusement, ceux qui connaissent le mieux ce grand chef d’orchestre ne reprochent jamais rien à quiconque. Ils sont trop heureux de partager leur passion. Si l’on veut que plus personne n’ose parler de musique continuons à nous ériger en juges horripilés par le moindre écart à notre « bien » entendre, qui n’est pas forcément le bon ! Et comment doit-on prononcer Beethoven à Marseille ? Et à Bordeaux ? Et à Dunkerque ? 

Un peu de tolérance, d’indulgence et de fraternité ! C’est bien là le message de Beethoven, non ?  

 NB Ce petit coup de gueule ne s’adresse pas évidemment pas à celles et ceux qui prennent le temps de nous indiquer erreurs, fautes de français,  imprécisions. C’est un service rendu aux animateurs et une info pour tout le monde.