1. Pascal Greggory a dîné avec Horowitz. Il nous dit ça comme çà. Au détour d’une phrase, l’air de ne pas y toucher. « Ah tiens, au fait, j’ai dîné avec Horowitz ». Ils étaient une poignée de beaux garçons et comme le grand Ukrainien les aimait beaucoup, il leur a joué des paraphrases improvisées autour de Carmen… En revanche, le jus de pamplemousse n’était pas à son goût. On ne peut pas tout avoir. Celui dont Martha Argerich dit qu’il était le meilleur amant du piano était un fameux interprète de Schumann. Pardon pour les auditeurs qui l’auront reconnu tout de suite : le morceau n’était pas « Rêverie », mais « L’enfant s’endort » et « Le poète parle » des Scènes d’enfants. L’émission était enregistrée à l’avance et le réalisateur étourdi a confondu les deux titres. Tant pis, ou tant mieux car on a eu deux pièces au lieu d’une.
2. Je réponds à ceux (Sandrine, Françoise, autant dire les fidèles bloggers) qui se sont étonné des rééditions. Je m’explique. Je suis allé huit gros jours accompagner l’Orchestre de la Suisse romande, Marek Janowski (son chef) et le pianiste Jean-Yves Thibaudet en tournée en Amérique du Sud : Sao Paulo, Buenos Aires, Montevideo. Je n’ai pas voulu le dire pour ne pas faire d’envieux et parce que ce n’est pas joli de se vanter, mais puisqu’on me somme de me justifier, voilà, c’est dit ! Je prépare un reportage pour le journal Classica (qui a fusionné avec Le Monde de la Musique) et que j’espère quelques-uns d’entre vous lisent. Comme j’avais enregistré beaucoup d’émission à l’avance pour Cannes, je ne pouvais pas enregistrer trop d’émissions à l’avance. Donc, j’ai eu l’idée de ces rediffusions. J’ai choisi celles dont on me parlait le plus. J’aurais dû peut-être relire les commentaires du blog avant le final cut. Et puis Legrand, Fournier sont parmi mes émissions préférées, j’ai le droit de me faire un petit plaisir de temps en temps, non ? En tous cas, merci à tous pour vos commentaires. L’émission Hagège est en train de « devenir culte » comme le dit finement notre charmant petit stagiaire Florent, qui remplace notre regrettée Albina (long soupir).
A Eric, qui s’interroge sur le fait que les invités puisent leurs choix dans le « grand répertoire » des XVIIIe et XIXe siècle, c’est je pense parce que ces oeuvres nous semblent plus proches sur le plan émotionnel. Et, dans cette émission (comme sur Radio Classique en général), c’est l’émotion qui prime. On peut pleurer à chaudes larmes sur le Concerto d’Alban Berg, mais ça demande d’avoir fait l’effort de l’écouter plusieurs fois. Et même si on pleure avec Berg, au moment de choisir, à l’ultime moment, ne le laisserait-on pas de côté (non sans un sentiment un peu coupable) pour un Impromptu de Schubert ??? Amitiés à tous.
Voici le programme de Pascal Greggory, qui est arrivé très fatigué (n’ayant pratiquement pas dormi la nuit d’avant pour cause de tournage et de voyage) et qui s’est animé peu à peu :
« Des pays lointains » de Schumann (Scènes ‘enfants)
Les madeleines
– « Aladin Sane » de David Bowie
– ?La chanson des vieux amants » de Jacques Brel
– – ?La mort d’Isolde » de Wagner
Le programme classique
– « Gaspard de la nuit » de Ravel – Scarbo (S. François)
– Mazurka (mélodie) de Poulenc
– « Chiriana » de Schumann (Carnaval)
– « Parsifal » de Wagner Enchantement du vendredi saint
– Concerto n°4 en sol mineur de Rachmaninov (2e mouvement)
– « Pelleas et Melisande » de Debussy (début)
– « Totentanz » de Liszt