Un jour, alors qu’il est au bureau, il reçoit un coup de téléphone. Son père, un québécois dont il ne connaissait jusque-là ni l’existence ni le nom, vient de décéder. Il prend l’avion et commence un périple, sûrement celui de sa vie. Il découvre dans la foulée qu’il a deux frères et est accueilli par l’un des meilleurs amis de son père. C’est à ce vieil homme, aussi bourru qu’attachant, qu’il tentera de poser ses questions trop longtemps restées en suspense.
Cette quête outre-Atlantique est universelle : l’anti-héros qu’incarne Mathieu est le miroir [ou le revers brutal] de ce que sont nos convictions sur l’existence. Pudique, ce film n’est pourtant pas larmoyant et fait naître en nous les émotions tout en finesse.
Concernant les secrets familiaux, Philippe Lioret n’est pas à son premier coup d’œuvre : avec Je vais bien, ne t’en fais pas [sorti en 2006] et Welcome [sorti en 2009] Philippe Lioret redevient ce marionnettiste des sentiments humains. Il les décortique, les travaille et les fait ressurgir, de la plus belle manière qu’il soit, au travers d’histoires qui, après tout, pourraient être les nôtres.
Cette « normalité », c’est justement ce qui fait la force du Fils de Jean, pas de chichis ni fioritures : les personnages sont bruts, les dialogues poignants et l’intrigue [qui se dessine assez rapidement] est bouleversante de sincérité. Pierre Deladonchamps [meilleur espoir masculin pour L’Inconnu du lac] brille dans ce rôle. Chapeau l’artiste !
Une fois sorti de la salle, on se rappelle ainsi de quelque chose enfouie sous nos préoccupations quotidiennes : Il faut partir, parfois très loin, pour se retrouver soi-même.
PS : Pour les adeptes des grands espaces, la toile de fond du film vous fait voyager au travers de paysages absolument sublimes du vieux Québec.