Le ciel attendra, troublant de réalité

Si le ciel peut attendre, le film, lui, est nécessaire

La réalisatrice Marie-Castille Mention-Schaar parle d’un film « fait dans l’urgence. » Si le cinéma français n’est pas coutumier de cette rapidité, le résultat n’en est pas moins puissant. Le film s’interroge sur le pouvoir d’embrigadement de l’Etat Islamique sur les jeunes filles. Ici, on suit le parcours croisés de deux jeunes filles, Sonia et Mélanie.  Alors que Mélanie est introvertie et mal dans sa peau, elle rencontre sur Internet son « Prince » qui l’embrigade dans le gouffre de la radicalisation. Sonia, au contraire, lutte pour sortir de la spirale de Daech et commence  à retrouver le chemin salvateur de la déradicalisation. Le scénario a été ficelé en collaboration avec Dounia Bouzar, une anthropologue qui dirige le Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’Islam et qui tient son propre rôle dans le film lors de scènes entièrement consacrées à l’analyse de l’embrigadement. Ce basculement vers la déraison est parfaitement servi par les deux jeunes actrices Noémie Merlant [Sonia] et Naomi Armager [Mélanie] et par le désarroi et l’incompréhension de leurs « mères », Sandrine Bonnaire et Clothilde Coureau. Le film, dont le tournage a débuté le lendemain des attentats du 13 novembre fait écho à la brûlante actualité et rend hommage aux parents des jeunes partis ou qui veulent partir en Syrie. A voir d’urgence !