Le Café Zimmermann joue CPE Bach

« Un Musicien ne peut émouvoir que s’il est ému lui-même »

Celui qu’on surnomme CPE par commodité n’est rien moins que le deuxième fils de l’illustre cantor de Saint-Thomas. Sa situation dans l’histoire de la musique est symptomatique de ces périodes charnières, de transition, durant lesquelles un nouveau style est en train de percer tandis que l’ancien brille de ses derniers feux. Carl Philipp Emanuel fut l’un des premiers à humer l’air du temps. Ce classicisme alors naissant revêt chez lui le terme d’Empfindsamkeit (« sensibilité ») : la science importe moins que la liberté de l’inspiration et de la forme. Si les états d’âme changeant jusqu’à la bizarrerie, non sans traits velléitaires, se rencontrent essentiellement dans ses Fantaisies et Sonates pour clavier, sa musique de chambre et ses cantates pour soliste se coulent plus volontiers dans des moules préétablis.
Les trois cours airs pour ténor Wq 211 furent composés dans ses jeunes années, tandis que la cantate de chambre Le Printemps Wq 237, sur un texte de Christoph Martin Wieland, daterait de 1770 dans sa version révisée. Le ténor britannique Rupert Charlesworth prête son timbre flûté aux arias caractérisées par une sentimentalité délicate. On retrouve l’Ensemble Café Zimmermann en solo dans les parenthèses instrumentales que constituent la Sinfonia en la mineur WQ 156, la Sonate en trio Wq 158 et la Sonatina Wq 104.
CPE Bach : Der Frühling, Rupert Charlesworth (ténor), Café Zimmermann (1 CD Alpha)