Laurent Baffie, une bonne claque aux mauvaises odeurs

Voici un invité qui va diviser. Lui-même était surpris d’être reçu dans Passion Classique. Non qu’il connaissait l’émission, mais la réaction de ses amis l’a désarçonné : « Ah bon ? Tu es sûr ? » Genre : il a bien voulu de toi ? Laurent Baffie n’y connaît pas grand chose en musique classique, mais il a une oreille supersonique.
Personnellement, il m’a toujours fait rire. D’abord parce que j’ai toujours senti que cet humour très provocateur était une réponse vitale à une douleur de l’enfance. Son père battait sa mère. Par pudeur, il n’en parle pas. Mais c’est la source. Il n’a pas son pareil pour mettre les pieds dans le plat, pour dire : « Mais le roi est tout nu ! » quand la conversation s’enlise dans les convenances ou que chacun tente de se cacher derrière l’image qu’il veut donner de lui-même. Baffie a un talent fou, c’est indéniable. Mais, derrière ce que certains prennent pour de la brutalité ou de la vulgarité, il y a chez lui une vraie délicatesse, une attention à l’autre, une écoute véritable. Le contraire de ceux qui bêlent comme des agneaux sous le feu des projecteurs et se conduisent comme des porcs en coulisse. Cynique ? Peut-être. Mais comme disait Oscar Wilde : « Le cynique est un homme qui connaît le prix de tout et la valeur de rien. » Une certaine forme de sagesse donc.
Voici son programme :
Vivaldi : “4 saisons”
“La promenade sentimentale” de Vladimir Cosma (Diva)

Madeleines :

“L’italien” Serge Reggiani
“Capri c’est fini” Hervé Vilard
Cat Stevens « Wild World »