L’attentat manqué contre Donald Trump inspire un opéra à Hong Kong !

Crédit : ABC Australia

« C’est une balle! Il veut m’envoyer dans le cercueil ! » s’écrie un chanteur sous les rires du public. A Hong Kong, un opéra traditionnel cantonais transforme l’attentat manqué contre Donald Trump en juillet 2024 en spectacle burlesque et satirique.

La semaine dernière, les spectateurs se pressaient au théâtre Sunbeam de Hong Kong, vieux de plus d’un demi-siècle, avec sa façade emblématique formée de néons et d’affiches. Dans la salle, lorsqu’un coup de feu éclate, l’acteur Loong Koon-tin, coiffé d’une perruque blond platine, sursaute et se tient l’oreille, comme l’avait fait le président américain lors de l’attaque dont il a été victime en juillet dernier lors d’un meeting de sa campagne électorale.

Cette tentative d’assassinat a donné une nouvelle source d’inspiration à cet art en déclin. Mais si le spectacle fait le plein de spectateurs, l’emblématique théâtre qui l’accueille sera, malgré tout, bientôt contraint de fermer ses portes. Il est depuis longtemps en grande difficulté financière car l’opéra cantonais, qui met d’ordinaire en scène des histoires et des légendes chinoises, a été supplanté ces dernières décennies par des formes musicales plus modernes.

Donald Trump part à la recherche d’un supposé jumeau chinois perdu de vue

Le spectacle Trump, créé en 2019 et actualisé à deux reprises, entend moderniser le genre et attirer un public plus jeune, un vrai défi à l’heure des écrans et des smartphones. « Les spectateurs veulent voir comment la scène de l’attentat peut être adaptée dans le style de l’opéra cantonais », explique le metteur en scène Edward Li.

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Le spectacle de près de quatre heures débute avec la rencontre entre l’ex-président américain Richard Nixon et l’ancien dirigeant chinois Mao Zedong en 1972. Puis l’intrigue se concentre sur un Donald Trump partant à la recherche d’un supposé jumeau chinois perdu de vue. « C’est de l’opéra cantonais avec de l’humour noir’, déclare Edward Li, selon qui le facteur nouveauté est l’un des principaux attraits du spectacle.

Une tournée à l’étranger est également prévue car « Trump est quelqu’un que le monde entier veut connaître », souligne-t-il.

Le théâtre Sunbeam de Hong Kong fermera définitivement en mars

L’opéra cantonais, originaire du sud de la Chine, est devenu un pilier de la vie culturelle du Hong Kong d’après-guerre. Sa popularité a culminé autour des années 1960. Mais avec l’évolution des goûts culturels, le Sunbeam a failli fermer en 2012, avant qu’Edward Li, le metteur en scène, ne le reprenne. « L’opéra cantonais est à son plus bas et proche de la mort. On doit lui donner un coup de fouet », déclare-t-il.

Ce ne sera en tous les cas pas suffisant pour sauver le Sunbeam Theatre, qui fermera définitivement ses portes le 3 mars. Ses nouveaux propriétaires prévoient de le transformer en église évangélique.

Philippe Gault (avec AFP)

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