La version allemande du «Vin herbé» de Franck Martin

En 1948, à Salzbourg, Ferenc Fricsay enflamme la partition qui oscille entre l'oratorio et l'opéra.

Du plus haut intérêt est la réédition de Der Zaubertrank (Le Vin Herbé) de Frank Martin. Oeuvre mineure certes, oratorio ou même masque, le chant réduit à l’arioso ou au récitatif, l’élément choral très présent mais très discret. Mais à quelle hauteur musicale et interprétative ! Fricsay (photo) dirige rien que des premiers plans (von Ilosvay, Zadek dans des silhouettes, Poell superbe en récitant) et deux chanteurs majeurs dans des incarnations superlatives, Cebotari poignante d’intensité presque silencieuse parfois, Patzak en Tristan qui se souvient qu’il est aussi Evangéliste, et Palestrina. Un duo vertigineux, d’une qualité d’émotion, d’une présence qui serrent la gorge (Orfeo 2 CD C890142A, CHOC).