Quatre garçons jeunes et très doués. On a déjà vu ça quelque part : Diotima, Ébène, Modigliani. Marcheront-ils sur les pas de leurs aînés ? Ils semblent bien partis pour rejoindre cette élite française du quatuor qui rayonne sur les scènes internationales. Du haut de leurs quatre ans d’existence, ces élèves des Berg, Hagen et Artemis parcourent déjà les hauts lieux de la musique de chambre : on les voit au Wigmore Hall, au Festival d’Aix et au Festival de Verbier. Avec une folle énergie, une somptueuse sonorité et une technique hors norme, ils offrent une interprétation impressionnante de justesse et de maturité pour un premier disque. Il faut de la témérité pour ne pas passer par l’étape du concert enregistré et se confronter d’emblée à l’impitoyable miroir du travail en studio. Surtout dans Mozart, qui exige une finesse d’articulation et des phrasés sans faille. Les Van Kuijk relèvent le défi avec brio. Le degré de cohésion du groupe fait instantanément forte impression dès l’unisson du premier quatuor. Sans forcer le trait, ils parviennent dans cet album à donner une force incroyable à cette musique : les climats s’enchaînent, de l’humour à la noirceur la plus terrible. La lecture est audacieuse et risquée, assumée par une réalisation impeccable, au vibrato parfaitement maîtrisé et très justement modulé pour tantôt être insistant et expressif, tantôt être absent et faire ressortir l’harmonie. Avec un enthousiasme débordant, les Van Kuijk s’amusent dans le Divertimento, étourdissant de vivacité et d’inventivité, et
atteignent une véritable jubilation. Irrésistible.
La quadrature du cercle
Radio Classique
Ce premier disque du jeune Quatuor Van Kuijk révèle leur étonnante maturité musicale. Toutes les couleurs de Mozart s’y trouvent déclinées.