La « Platée » de Robert Carsen, fashion victim du XVIIIe

Jusqu'au 30 mars l'Opéra comique accueille une nouvelle version de la "Platée" de Rameau, sur fond de mode parisienne…

Résultat d’un pari osé, l’opéra Platée mis en scène par Robert Carsen a subi des critiques mitigées. Débauche et humour sont à l’honneur dans cette création anachronique, plongée dans un univers de strass et de paillettes. Jupiter, transposé en Karl Lagerfeld, le "dieu" de la mode, tente de mettre en confiance sa femme Junon en feignant de séduire Platée, la nymphe hideuse des marais. C’est cette hypocrisie qui est retranscrite ici, dans un monde où l’Apparence est reinePour Libération, nous ne sommes plus à l’Olympe, mais "au Ritz", dans un décor qui bien qu’extravagant, relève du bon goût, là où Le Monde souligne pourtant une démesure proche de la "surenchère" qui lasse les spectateurs. Le charisme de Marcel Beekman fait cependant sensation, donnant à la nymphe Platée beauté et panache à travers une voix pleine de "finesse, de noblesse, de vraie tendresse", selon Libération. Sur le plan de l’interprétation, La Croix évoque « une distribution homogène, sinon flamboyante », mais la prestation de Simone Kermes, à l’intonation souvent inexacte, déçoit à l’unanimité. Le point fort du spectacle, salué partous : la direction de Paul Agnew, qui a su magnifier la musique à travers une baguette témoignant selon Les Echos de « conviction, sans accroc, ni faute de goût ».