La passion durable de Jean-Philippe Collard

Grand, toujours mince, élégant et décontracté, Jean-Philippe Collard ressemble à une sorte de Cary Grant à la française. Mais lorsqu’il parle ou lorsqu’il joue, la passion le submerge. C’est pour cela que la musique russe lui semble si proche par ses longues phrases émotives. Et dans la musique française, il n’entend pas seulement ce raffinement distant que les auditeurs étrangers décrivent par intimidation d’un art qui leur paraît sophistiqué, mais la force brûlante d’un coeur qui bat la chamade derrière le glacis des sonorités.

Lorsqu’il a entendu les extraits de Daphnis et Chloë de Maurice Ravel, son regard s’est embué. Grâce à lui, on a cessé de s’extasier sur l’orchestration d’un compositeur magicien, mais l’on a aussi été saisi par un amour débordant, d’une sensualité folle, pour la nature et les êtres. Maurice Ravel, qui était si discret, « comme un écureuil » disait Colette, livrait toute les flammes de sa passion dans sa musique. Dans les grands chefs-d’oeuvre, plus la forme est tenue, plus le fond est volcanique. C’est que l’auditeur, selon la belle phrase de Novalis, doit voir « scintiller le chaos à travers le voile de l’ordre ».

Voici son programme :

1 – RAVEL Daphnis et Chloé (suite n°2) Orchestre de Paris, Charles Munch

                                                                   Orchestre de Montréal, Charles Dutoit

 2 – RACHMANINOV Vèpres op.37 Chœur de Chambre d’URSS. Valeri Poliansky

                                       plage 2 : Mon âme, bénis l’éternel

    – QUEEN Is this the world we created (Live at Wembley)

   – SCARLATTI Sonates L189 et L 494  Horowitz at the Met (1981)

3 – STRAUSS Vier Letzte Lieder : Frühling. Elizabeth Schwarzkopf, Georges Szell

    – CHOPIN Nocturne op.27 n°2 Aldo Ciccolini

    – JOAO GILBERTO Bahia Com H

    – RACHMANINOV Symphonie n° 2 (Adagio). Philhaldephia, Eugene Ormandy

    – BRAHMS Trio n°2 op.87 (3° mvmt) Angelich, Capuçon, Capuçon.