La musique dans la cour des grands

Philippe Manoury entre au Collège de France

Je fus fondé sous François 1er

Je me situe au cœur du quartier latin

Je dispense un enseignement gratuit et ouvert à tous sans inscription

Exercer en mon enceinte est une consécration

Je suis un prestigieux établissement de recherche

Que suis-je ?

Réponse : le Collège de France bien sûr !

Divisé à l’heure actuelle en sept ensembles de disciplines, le Collège de France compte quarante-cinq chaires regroupées en cinq départements. Parmi les grands noms qui y officièrent, ceux de Michel Foucault, Roland Barthes ou Pierre Bourdieu restent les plus connus du grand public. La musique y a fait son entrée par le truchement de la « Chaire d’Invention, technique et langage en musique » occupée par le charismatique Pierre Boulez (1925-2016) de 1977 à 1995. Une bonne partie de ses cours a depuis été éditée. Plus modeste, la « Chaire de création artistique » est confiée pour une durée d’un an seulement à des artistes d’horizons divers, de l’architecture à la littérature en passant par la musique et le théâtre. Chaque intervenant se voit confier une unité d’enseignement dont l’appellation lui est propre.

 

Après le compositeur Pascal Dusapin (« Composer : Musique, paradoxe, flux », 2006-2007), le pianiste Pierre-Laurent-Aimard (« Paramètres et dimensions de l’interprétation musicale », 2008-2009) et le compositeur, pianiste et universitaire Karol Beffa (« Musique : art, technique, savoir », 2012-2013), le compositeur Philippe Manoury est le quatrième musicien à en prendre les rennes. Forcément très attendue, sa leçon inaugurale aura lieu le 26 janvier prochain. Le landerneau musical fera probablement ses choux gras de cette nomination : fils spirituel de feu Pierre Boulez, Philippe Manoury se situe stylistiquement aux antipodes de son prédécesseur Karol Beffa dont le langage renoue à maints égards avec la tonalité. Tout démocrate ne manquera pas de saluer l’ouverture du Collège de France à toutes les tendances de la musique contemporaine.