Après la guerre, Offenbach revient à Paris et montera encore une quarantaine de spectacles. Mais celui qui occupe toutes ses pensées, c’est Les Contes d’Hoffmann : enfin, il va pouvoir montrer au monde entier qu’il est un vrai compositeur, pas seulement un amuseur ; qu’il est l’héritier d’un Mozart, d’un Rossini, et pas seulement un musicien d’opérette. Le projet met du temps à se monter : six ans de tractations et d’intrigues.
Une date est prévue à l’Opéra Comique, là où a été créée Carmen de Georges Bizet. Offenbach est malade, mais il travaille comme un fou. Le 11 septembre 1880, les répétions commencent enfin et la partition est inachevée quand Jacques Offenbach rend son dernier soupir. Il n’a pas pu assister à la première de son chef-d’œuvre, et c’est un opéra amputé qui est présenté aux Parisiens. Mais c’est un triomphe posthume pour le compositeur. Toutefois à Vienne, un incendie ravage le théâtre dès la deuxième représentation : Les Contes d’Hoffmann serait-il un opéra maudit ? Un autre incendie à l’Opéra Comique détruit une partie du matériel d’orchestre. En 2004, c’est-à-dire très récemment, on va découvrir à l’Opéra de Paris une copie du manuscrit original. Reste que personne ne sait ce qu’avait vraiment Offenbach en tête, puisqu’il avait l’habitude de modifier ses œuvres jusqu’au dernier moment… Une chose est sûre : quelle que soit la version, Les contes d’Hoffmann est l’un des opéras français les plus représentés au monde.
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Photo : Les Contes d’Hoffmann, Acte IV « Giulietta », illustration de Pierre-Auguste Lamy