L’exposition universelle de 1867 a vu s’enrichir Offenbach et ses collaborateurs. Et c’est bien mérité : leurs noms sont à l’affiche de pas moins de quatre théâtres. L’année suivante, il faut du neuf – mais Halévy traverse une période de dépression. Est-ce pour cela que la mélancolie semble prendre le pas sur la fantaisie dans le nouveau chef-d’œuvre qui est créé au théâtre des Variétés, La Périchole, avec Hortense Schneider, qui vient heureusement de rompre son contrat avec le Châtelet ? Est-ce parce qu’on s’y moque du mariage, « au nom de la loi vous êtes unis – oui oui oui oui oui », est-ce la pauvreté des héros qui défrise le public, ou le côté « espagnol-gnol-gnol-gnol-gnol-gnol » qui l’ennuie peut-être un peu ?
Toujours est-il que c’est un demi-succès, et Jacques Offenbach en est fort affecté. Il craint que son image et que son étoile ne commencent à pâlir. Mais c’est juste la situation politique entre la France et la Prusse qui assombrit la recette : parce que lors de la reprise en 1874, La Périchole dans une version remaniée fera un malheur.
Photo : La Périchole d’Offenbach, Opéra de Metz, mise en scène Bernard Pisani, direction musicale Jacques Mercier