La Grange de Meslay va bientôt ouvrir ses portes

Une « salle de concert » pas comme les autres

Rien ne prédestinait ce vaste bâtiment monastique à destination agricole –  on s’en servait jadis pour entreposer la Dîme – à accueillir un prestigieux festival. Délaissant les ors des grands châteaux dressés sur les bords de la Loire, Sviatoslav Richter, un jour de 1963, tombe immédiatement sous le charme boisé des lieux (« C’est là que je veux jouer »), auxquels il assigne une nouvelle mission. Aussi la Grange de Meslay demeure-t-elle inextricablement liée au pianiste russe qui endossa, jusqu’à sa mort en 1997, l’habit de directeur artistique des Fêtes musicales en Touraine. Aux nourritures terrestres se substituent donc les nourritures spirituelles, aux moissons de blé celles d’une pléiades d’artiste renommés. Car ils sont nombreux à s’être rendus à la Grange de Meslay, devenue soudainement un lieu de légende : les pianistes Claudio Arrau, Arturo Benedetti Michelangeli ou Aldo Ciccolini, les chanteurs Peter Pears et Dietrich Fischer-Dieskau, les divas Elisabeth Schwarzkopf ou Jessye Norman ; sans parler de Scott Ross, Oleg Kogan, Natalia Gutman…

Pour sa 52ème édition, qui commencera le 17 juin prochain, le Festival continuera à tutoyer l’excellence en affichant les grands noms d’aujourd’hui. Parmi les moments forts, citons les récitals de Leif Ove Andsnes, qui s’attachera à souligner la filiation Chopin-Debussy, Nelson Goerner (Schumann, Chopin) et du jeune prodige français Lucas Debargue (Scarlatti, Mozart, Ravel et Liszt). La musique de chambre sera honorée par Renaud Capuçon et Michel Dalberto (sonates de Mozart, Beethoven, Fauré et Debussy), tandis que le ténor Mark Padmore, accompagné par Andrew West, chantera des Lieder signés Schubert, Schumann, Brahms et Wolf. Courez-y !