Julien Chauvin interprète Haydn, Rigel et Sarti

Un récital aux premières loges

Julien Chauvin et son Concert de la Loge inaugure cette intégrale des Symphonies dites « Parisiennes » de Joseph Haydn en majesté avec la Symphonie n° 85 « La Reine de France ». Du sur-mesure pour cet orchestre qui doit son nom à l’Association de concert « La Loge Olympique » qui scella, au XVIIIe siècle, l’hymen de l’art et de la maçonnerie. Bien décidée à obtenir une œuvre du grand compositeur autrichien, l’institution passa commande à Haydn en 1785 de six nouvelles symphonies, les n° 82 à 87. Il semblerait que la faveur qu’ait rencontrée la n° 85 en si bémol majeur aux oreilles de Marie-Antoinette lui valut son surnom de « Reine de France ». Pour le musicologue Marc Vignal, elle « réussit une synthèse rare de vigueur et d’élégance ».
A cette œuvre célèbre, ont été adjoint d’autres pièces au répertoire du Concert Spirituel, l’association musicale phare de la capitale française de sa création en 1725 à la Révolution. Ainsi de l’air de Giuseppe Sarti « Io d’amore, oh Dio ! mi moro » où la voix de soprano est enluminée par un hautbois et un basson obligés. Dans « Semplicetto, ancor non sai »,  Johann Christian Bach confie la partie concertante à la flûte. Subtilement orchestré à la gloire de la petite harmonie, cet accompagnement constitue un écrin idéal pour la soprano Sandrine Piau. La Symphonie n° 4 en ut mineur d’Henri-Joseph Rigel est une vraie curiosité. Julien Chauvin – qui dirige du violon – et ses musiciens en livrent une interprétation intense et tourmentée, dans la descendance du courant Sturm und Drang (« Tempête et passion »).

Sandrine Piau (soprano), Le Concert de la Loge, dir. Julien Chauvin jouent Haydn, Sarti, JC Bach et Rigel (1 CD Aparté)