Elle était toute contente de faire l’émission et même un peu surprise d’être invitée. Elle est très gentille. Avant l’émission, je lui dis que j’aimerais qu’elle me parle de Balachova et ma langue fourche ; je dis : Bachalova. Quelqu’un d’autre m’aurait jeté un regard perçant et courroucé d’aigle fondant sur sa proie, elle m’a doucement corrigé. Je me suis excusé, confus, et elle m’a dit : « Non, non, ce n’est pas grave. » Ça n’a l’air de rien, mais pour moi ça en dit beaucoup sur une personnalité.
Elle ne ressemble en rien à ces acteurs de théâtre (avec trois accents circonflexes sur le a) qui sont comme la reine dans Blanche-Neige : « Miroir, miroir, dis-moi qui est la plus belle. » D’ailleurs elle s’habille un peu n’importe comment, ce qui ne l’empêche pas de dégager quelque chose de racé, de singulier, de raffiné. Et puis il y a la voix de Josiane Stoléru. Une voix très musicale, qui ne chantonne pas, qui ne déclame pas, mais qui fait qu’on a tout de suite envie d’être ami avec elle.
Voici son programme :
– Brahms : Danses Hongroises
– Mozart: Dom Juan, ‘La ci darem la mano’
– Bach : Prélude n° 1
– Verdi : Requiem, Dies irae
Madeleines :
– Nina Simone : « Ne me quitte pas »
– Charles Trenet : « Boum »
– Leonard Cohen : « Take this waltz »