Joffrin au salon du Libre

Retour au Salon du Livre. J’ai été touché de rencontrer plusieurs auditeurs, qui sont venus me témoigner leur amitié. Un homme charmant (il se reconnaîtra) m’a dit qu’il écoutait l’émission chaque soir avec sa femme. Il me l’a même passée au téléphone. Elle est fleuriste et compose des bouquets magnifiques, paraît-il. Il m’a parlé de la manière dont il découvrait peu à peu la musique classique grâce à Radio Classique. Une dame, très émue, m’a dit : « Si vous arrêtez un jour, des gens vont se suicider ». Cela paraît excessif, mais il ne faut pas le prendre au pied de la lettre. C’est une manière de dire : continuez à nous faire découvrir des gens passionnants et à débusquer leur part de vérité, de fragilité, de beauté. J’en ai parlé à Sempé, hier, qui m’a dit qu’il connaissait bien cette angoisse de la chose qui risque de s’arrêter. On a tous peur de perdre ce à quoi on est attaché. C’est de l’amour, tout simplement. Quand j’étais jeune, c’était la Tribune des Critiques de disques, que j’écoutais religieusement chaque dimanche. Quand Antoine Goléa est mort, j’ai pleuré.

Laurent Joffrin est arrivé avec simplicité. Il a été un invité délicieux. Ne cherchant jamais à tirer la couverture à lui ou à tout ramener à son livre. Il était heureux de partager les musiques qu’il aime et assez joueur pour mélanger les goûts et les idées. Son livre défend des valeurs fondamentales. Rien de corporatiste dans sa démarche. Il veut humblement retrouver la confiance des lecteurs, sans tapage, sans mauvaise foi.

A 20 h, j’ai filé jusqu’à la Cité de la Musique pour assister au concert de la Chambre Philharmonique dirigé par Emmanuel Krivine. J’étais en retard, mais j’ai pu entendre l’une des plus belles Quatrième Symphonie de Brahms de toute ma vie. Cet orchestre de musiciens intermittents, non salariés, joue avec la culture d’un orchestre baroque, la virtuosité d’un orchestre « moderne » (du type Orchestre de Paris) et la ferveur d’un orchestre de jeunes. Ils jouent à 100 % et c’est devenu tellement rare. Quant à Emmanuel Krivine il a conjugué rigueur et souplesse, métier et intuition de manière quasi miraculeuse. Pardon de sortir du sujet, mais cela m’a enthousiasmé au plus haut point.

Merci à Jennie et Françoise pour leurs messages de soutien, qui me vont droit au coeur.

Voici le programme de Laurent Joffrin :

La Callas : Casta Diva. Norma

Madeleines

Beatles : Life of the Day

Charles Trenet : La folle complainte

La commune n’est pas morte

Grandole Villa Morena par Amalia Rodrigues

Concerto de l’Empereur : 1 er mouvement

La Flûte enchantée : Air de la Reine de la nuit (EdaMoser)

Parsifal : Prélude

Aïda : Prélude, Georg Solti

Madame Butterfly : Air final de “Ciao – Ciao” Con AmoreMore“ (Scotto)

LaBelle Hélène : « Le roi barbu qui s’avance »