Jiri Belohlavek dirige Dvořák

Elégance et rusticité

Dvořák demandait régulièrement conseil à Brahms, son aîné de seulement huit ans mais qui jouissait d’une reconnaissance internationale. Ce dernier fit son possible pour venir en aide au musicien tchèque, souvent dans le besoin. Aussi donna-t-il son accord afin que Dvořák prenne les célèbres Danses hongroises pour modèles de ses propres Danses slaves. Pourtant, la méthode adoptée vis-à-vis du matériau folklorique dans les Danses slaves op. 43 diffère de l’exemple brahmsien. L’auteur de la Symphonie du Nouveau Monde utilise certes des danses de son pays natal, à l’authentique parfum slave, mais à la différence de ceux de Brahms, ses emprunts se limitèrent essentiellement au rythme et au style des différentes danses, là où l’Allemand fit appel à des mélodies de chansons populaires qu’il pensait être authentiques. Aussitôt après avoir terminé la version pour piano, Dvořák orchestra ces huit danses puis, face au succès rencontré (on s’arracha très vite les éditions des deux versions), entreprit la deuxième série portant le numéro d’Opus 72. Ces seize danses comptent aujourd’hui parmi les œuvres les plus populaires de la musique tchèque par leur refrain entêtant, leur richesse thématique et leur orchestration éclatante.
Quels meilleurs cicérones que Jiri Belohlavek et le rutilant Philharmonique tchèque pour en cadencer le pas ? Une version authentiquement bohémienne de ces chefs-d’œuvre, et de surcroît fort bien enregistrée.

Dvořák : Danses slaves, Orchestre Philharmonique Tchèque, dir. Jiri Belohlavek (1 CD Decca)