Jérôme Clément, la culture au centre

1. Si c’était à refaire, je commencerais par la culture, disait Jean Monet, l’un des pères de la construction européenne.
La chaîne Arte a rectifié l’erreur originelle. Voulue par François Mitterrand et Helmut Kohl, c’est une belle aventure culturelle, une utopie identitaire qui n’est pas un repli sur soi mais une ouverture au monde. Jérôme Clément en a été le tuteur jusqu’à sa majorité. Il la laisse poursuivre sa route sans la perdre de vue.
2. Je suis allé entendre le pianiste autrichien Ingolf Wunder au théâtre du Palais Royal hier soir. Il est arrivé deuxième au dernier Concours Chopin de Varsovie, mais il était le premier dans mon coeur. C’est l’anti Lang Lang. Pianiste à l’ancienne (robustesse, culture, goût, raffinement, pudeur, frac !), programme à l’ancienne (Variations Eroïca de Beethoven, Andante spianato et Grande Polonaise de Chopin…). Émotion d’un style en voie de disparition et nostalgie d’une époque ravivée par les dimensions humaines de ce petit théâtre à l’italienne. Une merveille. Lui aussi a placé la culture au centre.

Voici le programme de Jérôme Clément :

Madeleines :

– Strauss : Till Eulenspiegel
– Massive Attack : « Karmacoma » (musique diffusée lors du spectacle de Chéreau « Dans la Solitude des Champs de Coton ». En souvenir de Chéreau)
– Beethoven : Sonate n°2 (interprétée par Daniel Barenboim)

Musiques classiques :

– Schubert : Sonate (interprétée par Alfred Brendel)
– Bach joué par Anne Queffelec, tiré de son album Contemplation : sarabande ou un des préludes ou « Ich ruf’ zu dir, Herr Jesu Christ » BWV 639
– Debussy : Pelléas et Mélisande, Acte 3, « Que font-ils ? » (Golaud/ Yniold)
– Philip Glass : Einstein on the beach, opéra donné au Châtelet, 3e partie