Jean Lacouture, vieillir est aussi un art

Il a beaucoup écrit et sait reconnaître ses erreurs avec une grande honnêteté. On lui doit des biographies magnifiques et la passion ne l’a jamais quitté. Pour le rugby, la littérature, la musique et la marche du monde.
Je suis allé chez lui, quai des Grands-Augustins, parce qu’il ne quitte plus guère son fauteuil installé devant la fenêtre de sa salle à manger. Il avait oublié le rendez-vous, mais s’est prêté de bonne grâce à l’entretien. Malheureusement, l’appareil n’avait pas fonctionné. Il a fallu que je revienne le lendemain en m’excusant mille fois de lui faire subir un si grand effort. Jean Lacouture a grogné un peu, puis s’est laissé faire comme un vieux chat fatigué de jouer avec les enfants de la maison qui retrouve néanmoins sa souplesse pour taquiner la pelote de laine qu’on lui présente. « Ce sera sans doute ma dernière interview », m’a-t-il confié avec résignation. En rapprochant Bizet de Mozart, il ne s’est pas trompé !
Voici son programme :

Mozart : Symphonie “Jupiter” n° 41 (2e mvt)
Madeleines :
Symphonie en ut de Bizet
Malbrough s’en va-t-en guerre
« Je crois entendre encore » Bizet (Vanzo)

Bizet : Carmen « Près des remparts » Berganza
Mozart : Concerto n° 20 (2e mvt) Haskil
Mozart : Ouverture de la Flûte enchantée