Il est doué comme il n’est pas permis et a toujours l’air ailleurs. Sa distraction peut lui donner l’air arrogant, mais c’est qu’il se préoccupe peu de son apparence, de son image. Il joue du piano et compose, vit sa vie de musicien comme un mathématicien fait des mathématiques. On le retrouvera peut-être un jour en haillons, dans une forêt, à chercher ses harmonies, insouciant des choses matérielles. Vous aurez peu de chances de le croiser dans un restaurant à la mode ou dans une fête agrippé aux peoples. Il semble faire de grands efforts pour exprimer par des mots ce qui vient tout naturellement sous ses doigts. Preuve qu’il est gentil au fond derrière ses airs d’allumé lunaire. C’est un musicien.
Voici son programme :
– Mendelssohn : Concerto pour violon (début)
– Wagner : Siegfried (la fin du 2e acte, le passage avec la voix de l’oiseau)
– Xenakis : Pléïades (extrait du mouvement dit « Mélange »)
– Boulez : Pli selon pli (le début)
Madeleines :
– Brassens : « Gastibelza »
– Stevie Wonder : « As »
– Dorival Caymmi : « Saudades do Bahia »