Jean d’Haussonville, la magie de Chambord

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La première chose que m’a demandée Jean d’Haussonville est : « Vous n’êtes pas lassé de faire une émission par jour ? »
J’aurais pu lui répondre : « Et vous ? N’êtes-vous pas fatigué de faire trois repas par jour ? »
Rencontrer autant de personnalités différentes qui acceptent de se livrer avec franchise et qui partagent, via la musique, un peu de leur jardin secret n’est assurément pas une corvée et d’autant moins que c’est un rendez-vous attendu et apprécié par les auditeurs.
Passer un moment avec Jean d’Haussonville, c’est se trouver transporté dans un monde raffiné et sensible où l’histoire de l’art se mélange avec l’histoire des hommes. La mystique de Chambord lui a inspiré des paroles d’émotion concise et élégante. Quelque chose de très français au sens le plus élevé du mot, sans l’arrogance ou le nombrilisme qui sont parfois accolés à notre génie national. Du reste, il trouve pour parler de l’Allemagne ou de la Russie des images aussi justes et un véritable sentiment amoureux. Cela nous éloigne temporairement de la haine de soi qui empoisonne l’air que nous respirons aujourd’hui et qui dérive malheureusement vers la peur de l’autre.
Ajoutons qu’il est bon, en regard du débat actuel où l’Europe et le moteur franco-allemand vivent des tensions, d’entendre une personnalité parler de notre grand voisin en termes équilibrés et positifs, d’égal à égal : ni admiration forcenée pour mieux se flageller, ni mauvaise humeur revancharde pour fuir la réalité. Car la réalité est simple : celui qui respecte les traités et maîtrise sa dette a le droit de nous donner des leçons. Ceux qui ont commis des erreurs, qui cherchent à échapper à leurs responsabilités, qui ne font pas le ménage chez eux et qui érigent le vertueux en coupable agissent de manière malhonnête. C’est tout simplement une question d’honneur.
Voici son programme :

1- Madeleines

La marche consulaire à Marengo
Le Requiem de Brahms
Rasputin (Boney M).

2- Morceaux choisis

Die Winterreise – Premier Lied – Gute Nacht – préférence pour l’interprétation de Dietrich Fischer-Dieskau

Er ist gekommen – Clara Schuman – sur un poème de Friedrich RÜCKERT

Eugène Onéguine – Scène de la lettre (Tatiana) – pas d’interprétation préférée

Au bord de l’eau – Fauré, sur un poème de Sully-Prudhomme – inteprétation de Gérard Souzay

En option : El dia que me quieras – Carlos Gardel