Bavarder avec Jean-Claude Carrière est toujours un plaisir de fin gourmet, une promenade à travers les langues et les civilisations, à l’ombre des géants qu’il a côtoyés (Luis Bunuel, Peter Brook), entre la mémoire et les émerveillements de chaque instant sur ce qui fait les mystères de l’art et de la vie mêlés de manière indissociable.
L’Espagne est l’une de ses passions ; on pourrait en citer cent, mais celle-là est charnelle, littéraire, cinématographique, gourmande, sensuelle et mystique, évidemment mystique. Jean-Claude Carrière travaille tout le temps, même lorsqu’il semble flâner et ne rien faire. Son esprit classique, formé à la solide école de ce qu’on appelait autrefois « les humanités », lui donne cette liberté de baguenauder sans cesser d’apprendre et de se ressouvenir, de prendre le temps de perdre son temps en remplissant chaque seconde son vase intérieur de couleurs et de parfums qui convoquent tour à tour telle harmonie de Falla, tel accent fauve et sombre de Velasquez ou telle fleur des jardins de l’Alhambra.
Voici son programme :
. RAVEL « Pavane pour une infante défunte »
. DE FALLA « Duo de cordes et âmes »
. BIZET : L’Arlésienne « Farandole »
Les trois « madeleines » :
. SOMBREROS ET MANTILLES chanté par Rina Ketty
. JE T’AI DONNE MON COEUR, extrait du « Pays du sourire » de Franz Lehar
. IL AVAIT DES ARBRES de Charles Trenet