Est-ce parce que Mozart était amoureux d’une Weber et qu’il en a épousé une autre que Jacques Weber l’aime tant ?
À l’instar du compositeur du Freischütz, Carl Maria von Weber, qui est resté dans l’ombre de Beethoven sans avoir le génie de Schubert et connaître son éclatante revanche posthume, Jacques Weber semble demeurer un grand second. Le nom serait-il prédestiné au clair obscur ? Sa culture est vaste, son autorité indéniable, son talent certain, mais c’est comme si sa voix se brisait sur la première marche du podium (Cyrano) et qu’il s’est finalement résolu à se planter solidement sur la deuxième avec un regard d’aigle (ou d’Aiglon) et un air d’empereur romain. L’orgueil est son moteur – « contrairement à ce qu’on peut penser, je ne suis pas un virtuose » – auquel l’âge apporte la superbe d’un coq Chanteclerc (Rostand encore) revenu de tout sauf de lui-même : contrairement à ce qu’on peut penser, je ne fais pas se lever le soleil chaque matin… L’émouvante et magnifique illusion de l’acteur de théâtre qui croit que l’esprit souffle à l’endroit où il se trouve et qui parvient à nous le faire croire chaque soir à notre tour, sans quoi il n’y aurait plus de grandeur ni de folie dans cet art sublime que la vie peine à imiter.
Voici son programme :
– Mozart : Don Giovanni, « Il mio tesoro » (par Luigi Alva)
– Mozart : Trio Divertimento K 563
– Verdi : La Traviata, « Un di felice » (par Pavarotti)
– Bizet : Carmen, « Les tringles des sistres tintaient » (par Teresa Berganza)
Madeleines :
– Edith Piaf : « Non je ne regrette rien »
– Jacques Brel : « Madeleine »
– The Beatles : « Michele »