De l’assurance mais d’arrogance aucune. Des convictions, sans rigidité. Du charme et du naturel, pas une once de feinte humilité. Ismaël Margain abrite un moi harmonieux qui n’a que faire de la lutte armée ou des petitesses de la rivalité. En politique, il eut été nullissime. Il est cadré pour l’échange, le don, l’élévation. Sur un champ de bataille, il trouverait en quelques minutes un compromis acceptable pour cesser le combat. Rien ne pèse chez ce garçon qui semble posséder une sagesse de moine oriental, une tranquillité de jardinier qui soigne ses roses et dort à la belle étoile. Et quand il joue, le naturel ne se contente pas de revenir au galop, il marche au pas, musarde, croque la lune, prend des risques, sans jamais perdre de vue l’essentiel du voyage et le bout du chemin. On ne sait pas si Ismaël Margain fera une grande carrière, c’est presque secondaire, ce qui est sûr c’est qu’il est unique et que la grâce guide ses pas sur une route qu’il s’est lui-même choisie.
Voici son programme :
– Bach, Variations Goldberg, G. Gould (1981)
– Beethoven, « Arietta » de la Sonate op. 111 par Ismaël Margain lui-même, enregistré live au Klavier Ruhr
– Schubert, Fantaisie en fa mineur, par Ismaël Margain et Guillaume Bellom, en disque Aparté
– Mozart Requiem, « Recordare » par le Consentus Musicus de Vienne dirigé par N. Harnoncourt
Les Madeleines :
– Chopin, Concerto pour piano n°2, 2ème mouvement par A. Rubinstein et l’Orchestre de Philadelphie dirigée par E. Ormandy
– Oscar Peterson, Tenderly
– Miles Davis, Tutu