« Je pensais ne plus jamais pouvoir jouer » : Miraculé, un pianiste anglais gravement blessé à la main retrouve sa carrière

Le pianiste et professeur de musique britannique Stephen Raine est un véritable miraculé. Alors que quatre doigts de sa main droite ont été sectionnés et qu’il a fallu l’amputer de l’auriculaire suite à un accident domestique, le musicien a pu rejouer sur scène et reprendre ses cours grâce à une persévérance et une détermination hors du commun.

En janvier 2023, la carrière du jeune pianiste anglais Stephen Raine, 33 ans, a pris un tournant dramatique lorsqu’il a été victime d’un grave accident de bricolage chez lui au cours duquel quatre doigts de sa main droite ont été sectionnés par une scie circulaire. Cet accident a entraîné l’amputation de son petit doigt et la perte quasi-totale de l’usage des autres doigts de sa main.

Le pianiste a dû subir de multiples opérations et s’astreindre à de longues séances de rééducation – parfois plus de six heures par jour – mais c’est surtout sa rencontre avec une ergothérapeute, Gaby Willis, elle-même fille d’une pianiste anglaise réputée, qui lui a permis de reprendre espoir et, surtout, de retrouver progressivement l’usage partiel mais efficient de sa main droite.

Stephen Raine a pu donner un récital quinze mois après son accident !

Pour parvenir à ces résultats, la thérapeute s’est appuyée sur une technique américaine (GMAO) qui consiste à appliquer régulièrement du plâtre de Paris pour immobiliser les articulations mobiles et rediriger les forces de mouvement vers les plus rigides afin d’isoler et renforcer des articulations raides spécifiques tout en favorisant le remodelage du tissu cicatriciel.

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Quinze mois après l’accident, en avril 2024, Stephen Raine a pu reprendre ses activités d’enseignant et surtout remonter sur scène pour donner des récitals à l’université de Durham, à la Central Foundation Girls School de Londres puis dans la cathédrale de Chelmsford (Essex). Des représentations au cours desquelles il a interprété des morceaux aussi complexes que la Fantaisie n° 3 de WA Mozart, la Sonate pour piano n° 8 de Ludwig van Beethoven et la Chaconne en sol majeur de Georg Friedrich Haendel.

«Comme j’avais perdu mon petit doigt, j’ai dû apprendre de nouveaux modèles de jeu pour les pièces que j’avais choisies, mais je n’aurais jamais pensé pouvoir jouer aussi librement et aussi bien encore et certainement pas un répertoire aussi ambitieux, alors que quelques mois plus tôt je pensais ne plus jamais pouvoir jouer », confie Stephen Raine qui se produira à nouveau en récital, en février prochain, à l’université de Durham.

Philippe Gault

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