J’ai rencontré José Touré lors d’une virée dans le vignoble bordelais (ah, ce haut-brion d’anthologie et ce château yquem inoubliable !). Dans le bus qui nous ramenait à l’aéroport, nous avons parlé musique et, de fil en aiguille, je lui ai proposé de venir à l’émission. N’y connaissant rien en foot (malgré deux frères férus de ce sport), je savais néanmoins que José Touré était un phénomène, qu’on l’appelait « le Brésilien » à cause de sa technique hors norme et qu’il était entré dans la légende du temps des Platini et Rocheteau. Ce qui m’a plu, c’est surtout son ouverture d’esprit, son intelligence et sa curiosité en éveil. Je me suis dit qu’il créerait une surprise : un footballeur qui écoute Wagner et qui connaît Glenn Gould, ce n’est pas banal. Connaître José Touré nous permet de combattre nos propres a priori concernant le monde du sport. Tout n’est pas pourri au royaume du ballon rond ! A 48 ans, après un chemin semé de triomphes et de descentes aux enfers (argent, drogue et trahisons), notre champion s’est forgé une belle philosophie de la vie, à l’écart de la compétitivité à outrance et ouverte sur les autres. L’idéal du sport retrouvé, en somme.
La musique comprend aussi cet aspect collectif : l’orchestre, la musique de chambre… Notre invité l’a fort justement souligné. On aurait pu parler de l’aspect compétitif, des concours, de la sélection, qui font aussi partie du jeu.
José Touré a dit que la musique représentait « un ami ». Ce n’est pas mal vu. On n’est jamais seul avec Mozart, Beethoven, Chopin. Ou avec Radio Classique. La musique classique nous permet aussi de nous sauver du bruit et de la fureur, de nous protéger du monde et d’accéder à une certaine transcendance.
Grâce à José Touré, on a eu l’impression que cette idée avait de l’avenir et qu’elle pouvait séduire un public plus large.
Voici son programme :
Verdi : Traviata « un di felice eterea » acte I (Alfredo) – Kleiber (DG)
Madeleines
David Bowie : Life on Mars
Wagner : Ouverture du Vaisseau fantôme
Berlioz : Marche de Rakozky (Damnation de Faust)
Programme
Mozart : Requiem – Lacrymosa – Corboz
Bach : Capriccio de la Partita en ut mineur – Gould (Sony) et Argerich (DG)
Vivaldi / Concerto L’amoroso – 1er mvt – Pinnock
Gershwin : Rhapsody in Blue – Tilson-Thomas (BMG)
Prokofiev : Guerre et Paix – Gergiev (Philips)
Th. Monk : Blue Monk