En 1922, sur les rives de l’Asie Mineure a lieu la « Grande Catastrophe ». Les populations de langue et de culture grecques sont subitement chassées de leur domicile et doivent fuir leur territoire en laissant tout derrière eux.
Comme unique souvenir de leur vie passé, les familles emportent les icônes de leurs maisons et églises. Le rôle des icônes témoigne alors de l’histoire de la société grecque orthodoxe d’Asie Mineure, depuis leur cohabitation avec les Turcs musulmans jusqu’à l’exil forcé de 1922. Cet objet, à la valeur strictement sentimentale, est la dernière source de souvenir des familles apatrides. Car la Grèce ne les accueillant pas à bras ouverts, la majorité des migrants décide, au terme de leur long périple, de s’exiler vers la France. L’exposition retranscrit les différentes représentations qu’englobe cet objet sacré : le voyage, la protection, le souvenir, mais par-dessus tout, le pont entre l’ancienne et la nouvelle vie. 140 icônes conservées précieusement en France sont dévoilées exclusivement pour la première fois lors de cette l’exposition.
Cette rétrospective faisant ressurgir la question actuelle des réfugiés, Bertrand Guillet, le directeur du Château souligne : « Cette exposition est centrée sur la mémoire qui entoure les objets. Elle fait fortement écho au sujet contemporain des réfugiés ».